LE SCHÉMA
DORGANISATION
SANITAIRE EN SANTÉ MENTALE
| I - LA MÉTHODOLOGIE |
A - CONTEXTE
Lordonnance n° 96-346 du 24 avril 1996 portant
réforme de lhospitalisation publique et privée a modifié les articles du code de
santé publique (CSP) relatifs à lélaboration du schéma dorganisation
sanitaire et à son annexe. Le schéma de psychiatrie constitue un schéma particulier
dont lélaboration reste distincte ; sa spécificité vient du fait quil doit
tenir compte des schémas départementaux, des avis des conseils départementaux de santé
mentale et des préfets de départements (art L 712.5 du CSP). De plus, les services et
équipements constituant des structures de soins alternatives à lhospitalisation en
psychiatrie demeurent soumis à une législation différente (art L 711.11 du CSP).
La Région Franche-Comté ne disposant pas de schéma régional
dorganisation en psychiatrie, un groupe projet mis en place par lARH a eu pour
objectifs :
Lintitulé Santé Mentale du groupe projet marque une volonté
dintégrer dans la réflexion le triptyque prévention, soins,
réinsertion-réadaptation et de développer une analyse nécessairement plus
globale du système impliqué en santé mentale. Les dispositifs de lenvironnement
social et médico-social sont des sous-systèmes à prendre en compte dans létude
de lexistant et pour lélaboration du schéma.
Les membres constituant le groupe-projet étaient des représentants des différentes
composantes de lAgence.
Les autres professionnels partenaires et acteurs du système de santé mentale de
Franche-Comté ont été associés parallèlement aux réflexions par la conduite de
groupes de travail thématiques appelés groupes techniques. Cinq groupes techniques ont
ainsi été créés :
Les conclusions de ces différents groupes figurent
intégralement dans le Bilan de lexistant du SROS de santé mentale sauf
celles du groupe n°5 qui poursuit ses travaux.
Après finalisation du Bilan de lexistant, le groupe projet
initial a été élargi à des représentants de lensemble des professionnels
concernés par lorganisation de la santé mentale en Franche-Comté.
Il a validé les axes stratégiques du SROS de santé mentale et élaboré le schéma
régional sur lequel diverses instances consultatives ont été appelées à donner leur
avis :
Le SROS a également reçu lavis du Préfet de chaque département.
B - MÉTHODOLOGIE
Le schéma régional de psychiatrie constitue un document
réglementaire. Il a pour objet de prévoir et de susciter les évolutions nécessaires de
loffre de soins en psychiatrie, en vue de satisfaire de manière optimale les
besoins de santé. Il organise la cohérence et la complémentarité entre les schémas
départementaux dorganisation de psychiatrie (SDO) de lensemble de la région
et le schéma régional dorganisation sanitaire (SROS). Il prend aussi en
considération les priorités et objectifs définis par la conférence régionale de
santé (CRS), le plan régional sur lautisme, les propositions de la mission
nationale dappui en santé mentale intervenue dans le Doubs (Dr Massé), et diverses
études telles que celle du Centre Régional de lEnfance et de lAdolescence
Inadaptée (CREAI) de Bourgogne sur limpact de la réforme des annexes XXIV en
Haute-Saône et dans ce même département le projet relatif à larticulation entre
les réseaux sociaux et psychiatriques.
1) Le bilan de lexistant(I) est établi par le groupe projet
(I) Le bilan de lexistant a donné
lieu à lélaboration de deux documents.
Le groupe-projet sest dabord
préoccupé de faire le point sur lorganisation actuelle du système de santé
mentale et son activité.
Outre le recueil exhaustif des textes en vigueur, il sest attaché à recenser
lensemble des sources de données disponibles.
Le bilan de lexistant rassemble et analyse lensemble des données provenant :
2) Les axes stratégiques et le schéma dorganisation découlent du bilan de lexistant
Le groupe projet élargi a proposé dans
un premier temps les différents axes stratégiques pour la santé mentale dans le SROS
deuxième génération. Lélaboration du SROS de santé mentale devait se faire dans
les mêmes délais que le SROS MCO de deuxième génération.
Un seul groupe technique a défini un nouveau découpage des secteurs après avoir
étudié plusieurs scénarios.
Enfin les établissements, à la demande du Directeur de lAgence, ont proposé différents projets permettant de remédier aux problèmes de couverture des besoins identifiés dans le bilan de lexistant et sinscrivant dans les axes stratégiques.
La carte sanitaire et les indices ont été définis au terme de lensemble des travaux. Ils découlent directement des analyses conduites par les acteurs sur les besoins, les manques et les inégalités mis en exergue..
| II - LES OBJECTIFS DU SCHÉMA DE SANTÉ MENTALE |
Le schéma régional dorganisation en santé mentale
doit pouvoir, par lintermédiaire de son programme dactions, créer les
conditions dune réponse optimale aux besoins de santé de la population. Les
objectifs dégalité, de qualité et de sécurité simposent.
Développer la prévention est un premier objectif opérationnel. Prévention individuelle
ou collective, elle est affirmée par tous les acteurs comme essentielle. Elle est aussi
une des conditions de la précocité du diagnostic et des soins.
Laccès à la prévention et aux soins doit être possible pour tous ceux qui en ont
besoin, même si ce besoin nest pas perçu demblée par les personnes. Il faut
travailler à faire émerger les capacités des personnes à se prendre en charge.
Pour ceci il est nécessaire de développer le savoir-faire des professionnels par la
formation et lanimation de réseaux rassemblant des compétences diverses. De
nombreuses articulations sont à organiser entre les différents sous-systèmes ayant des
interfaces avec le système de santé (structure médico-sociale et/ou sociale).
La proximité des services de premier accueil mais aussi des services daide
ambulatoire à la vie dans la cité sont à réaffirmer. Cest ici que diverses
institutions et collectivités doivent collaborer pour organiser des réponses adéquates
aux problèmes territoriaux relevés ; le principe du financement est à poser pour que
les actions puissent être mises en uvre.
La qualité, la sécurité des soins doivent être constamment recherchées. Des
procédures et des protocoles de soins sont à élaborer par les équipes en
sappuyant, si possible sur des recommandations existantes (sociétés de
psychiatrie, ANAES...). Lévaluation de la qualité des soins doit se développer
dans tous les services.
Léthique, dans les soins et la prévention en psychiatrie, doit être une
préoccupation constante. Des comités déthique dans les établissements, sur
lesquels les professionnels pourraient sappuyer en tant que de besoin, sont à
créer.
Une recherche action sur les systèmes dinformation en psychiatrie doit se
poursuivre. Ainsi le groupe technique système dinformation en santé
mentale est pour lavenir maintenu, voire renforcé.
Ce groupe travaille actuellement à la modélisation, pour lensemble de la région
de lutilisation des fiches patients afin daméliorer la qualité des rapports
dactivité des secteurs et de mieux les utiliser comme outils de communication.
Dans lavenir il sera amené à développer les outils dévaluation et à
rechercher des indicateurs pertinents.
Un système dinformation performant en psychiatrie devient alors un outil de
communication permettant la promotion des services et établissements de psychiatrie et
contribuant à effacer les images asilaires ancrées dans linconscient collectif.
| III - LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LOFFRE HOSPITALIÈRE |
La redéfinition des limites de secteur est apparue
nécessaire pour favoriser une meilleure accessibilité mais également un rééquilibrage
des moyens.
1) Les principes retenus pour le découpage des secteurs
Le bilan de lexistant a mis en évidence de grandes
inégalités dans la répartition des secteurs et intersecteurs ainsi que des sites
géographiques non couverts.
Le Centre Hospitalier Universitaire, déjà en charge dun petit secteur, na
pas assuré son activité de sectorisation.
Le Centre Hospitalier de Montbéliard na pas pu couvrir lensemble des besoins
de la zone géographique qui lui a été confiée. La création de lAire Urbaine
2000 regroupant Héricourt, Belfort, Montbéliard a amené à repenser la répartition des
secteurs dans le Nord-Est Franche-Comté ; la proposition de création de secteurs
interdépartementaux en découle.
Le principe de ne pas modifier la sectorisation du Jura a été retenu, tant en
psychiatrie générale quen psychiatrie infanto-juvénile. Les modifications
porteront sur les départements du Doubs, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort.
Ce découpage a pour finalités de :
2) Le développement des regroupements de secteurs
Quatre groupements de secteurs sont définis : Nord,
Nord-Est, Centre et Sud.
Lintersectorialité est un prolongement de la politique de sectorisation et son
développement ne doit pas être interprété comme une remise en cause des principes de
la sectorisation psychiatrique. Mais il est proposé que des réflexions soient
régulièrement menées, par groupement de secteurs, réflexions visant à rechercher et
à proposer, sur une plus vaste zone géographique, des réponses aux besoins de la
population en santé mentale.
Il est apparu de plus en plus évident que léchelle du secteur nétait pas
toujours adaptée à certaines formes de prise en charge. La création de structures
intersectorielles permet de mettre en place, à échelle dentités plus vastes que
le secteur, des prises en charge particulières répondant aux besoins de populations
spécifiques (infanto-juvénile, adolescents, détenus, personnes âgées...) ou traitant
des pathologies touchant relativement peu de personnes.
Le niveau intersectoriel permet de mutualiser les ressources au niveau de la mise à
disposition de plateaux techniques très spécialisés, très spécifiques ou innovants
tels que les services dédiés aux troubles des conduites alimentaires, à la
réadaptation, à la réinsertion, au traitement des dépendances...
Les institutions sanitaires sont bien sûr concernées en premier lieu. Mais les autres
acteurs des institutions et services médico-sociaux et sociaux doivent prendre leur place
dans les réflexions et projets et intégrer la problématique de la santé mentale des
populations dans leur planification et leurs plans dactions.
Le groupe projet continuera sa réflexion sur la coordination sanitaire et médico
sociale, en suivant les initiatives de rapprochement par secteur.
B - DÉVELOPPEMENT DES STRUCTURES ALTERNATIVES À LHOSPITALISATION COMPLÈTE
Il vise à articuler les conséquences de la nouvelle
sectorisation et de la carte sanitaire avec la révision des capacités de tous les
établissements concernés par la psychiatrie de façon à élaborer un programme
régional pluriannuel de réduction, transformation et reconversion des lits
excédentaires en hospitalisation complète.
Ce programme dadaptation des capacités intra hospitalières, dont lobjectif
est de recentrer sur les alternatives, doit permettre le développement et la
diversification des modes de prise en charge tout en assurant le redéploiement des
moyens.
Si lobjectif premier des soins en santé mentale est de soulager la souffrance du
patient, voire même de la prévenir, lobjectif second est celui de sa
réhabilitation sociale. Si certaines pathologies résistent aux traitements et prises en
charge, justifiant souvent une hospitalisation de longue durée, celle-ci doit néanmoins
rester la solution de dernier recours.
Il y a lieu de développer davantage toutes les formes de prise en charge alternatives à
lhospitalisation ainsi que les soins ambulatoires qui sont naturellement plus
propices à la réhabilitation du patient.
Une place importante doit être laissée à linnovation et à la créativité
facilitant la mise en place de parcours de santé adaptés aux difficultés des personnes.
Les concepts daccessibilité et dacceptabilité des soins prennent ici tout
leur sens. La nécessité, dans un premier temps, daller vers les personnes, là où
elles sont, doit être prise en compte dans les divers projets de service et projets de
soins.
Le Centre Médico-Psychologique (CMP) doit être un des pivots des soins en santé
mentale. Cet objectif répond à lune des recommandations de la circulaire du 14
mars 1990 relative aux orientations de la politique de santé mentale. Le CMP doit être
bien identifié par la population, accessible (horaires, transports, taille critique
suffisante), pour jouer un rôle fondamental dans laccueil et la réponse à la
crise, en liaison avec les services durgence des établissements hospitaliers.
Lhôpital de jour doit être installé dans des locaux bien différenciés,
hors des murs, et donc moins stigmatisant pour le patient.
Lappartement thérapeutique, contrairement à lappartement associatif,
garantit laspect thérapeutique de la prise en charge.
Les services daccueil familial thérapeutique sont à privilégier pour les enfants
et les adolescents.
C - RENFORCEMENT DE LA PSYCHIATRIE INFANTO-JUVÉNILE NOTAMMENT ENVERS LES ADOLESCENTS
La précocité de lintervention doit être
réaffirmée comme axe fort de la pédopsychiatrie. Plus généralement des actions de
sensibilisation des professionnels, agissant auprès des enfants pour le dépistage des
troubles précoces, doivent être menées.
Les liens avec les secteurs de psychiatrie adulte du même groupe de secteur doivent être
organisés pour coordonner les soins donnés aux parents et à lenfant. De plus,
lhospitalisation mère-enfant doit être rendue possible dans chaque
inter- secteur. Une clarification des aspects administratifs et financiers dune
telle prise
en charge sera recherchée.
Le développement dactions pluridisciplinaires de proximité impliquant les divers
intervenants doit être favorisé. Les équipes psychiatriques simpliqueront dans
les différents dispositifs de coordination existants.
Une place particulière doit être faite à la problématique des adolescents. Ainsi une
réponse souple en terme daccueil et de prise en charge des adolescents et des
adultes jeunes permettant une prise en charge personnalisée doit être recherchée en
liaison avec les intervenants de la psychiatrie adulte, de la médecine libérale et des
acteurs sociaux .
Un travail pluri-partenarial, pluri-institutionnel est indispensable pour
trouver et développer des réponses adaptées à la spécificité du comportement des
adolescents.
D - ARTICULATION AVEC LA MÉDECINE SOMATIQUE,
PSYCHIATRIE DE LIAISON,
RÉPONSE AUX URGENCES ET INSTALLATION DES LITS
Le rapprochement avec les établissements de santé
assurant les soins généraux comporte trois volets : la psychiatrie de liaison, la
participation aux urgences par la prise en charge des urgences psychiatriques et
linstallation de lits dhospitalisation complète de psychiatrie dans ces
établissements.
Dans tous les cas des conventions bipartites formaliseront très précisément les
éléments de chaque participation.
1) Psychiatrie de liaison
Dans chaque centre hospitalier de la région, le
développement de la psychiatrie de liaison est mis en uvre dans la prise en charge
des patients tant par les équipes de psychiatrie infantile (services de maternité,
pédiatrie, chirurgie infantile ...) que par celles de psychiatrie adulte.
Cette collaboration diagnostique et thérapeutique pourra prendre, au niveau
organisationnel, des modes variés et complémentaires auprès des malades. Elle pourra
également être développée sous forme de formation, de soutien thérapeutique, de
consultations conjointes.
Lintervention est celle dune équipe et pas uniquement celle de médecins
psychiatres. La psychiatrie libérale peut aussi jouer un rôle, à condition que cela
soit formalisé avec la psychiatrie de secteur.
Les établissements hospitaliers auront à préciser dans leur projet
détablissement lorganisation concrète de cette psychiatrie de liaison.
2) Urgences psychiatriques
Dans tous les cas, le dispositif est précisé dans une convention bipartite, claire, détaillée, négociée localement entre partenaires.
3) Installation de lits de psychiatrie dans les établissements hospitaliers généraux
Des lits de psychiatrie des établissements spécialisés
seront installés dans les Centres Hospitaliers Généraux lorsque cette
mesure est estimée nécessaire pour apporter une réponse, plus proche et plus accessible
aux besoins de la population.
E - ARTICULATION AVEC LES
STRUCTURES SOCIALES ET MÉDICO-SOCIALES
Lobjectif principal est dassurer la continuité
des soins en lien avec les projets de vie des personnes et pour cela il faut :
1) Définir, par groupement de secteur, une palette de structures minimums
participant toutes, et par étape, à la réadaptation et la réinsertion des personnes
Au-delà des hôpitaux de jour et des CATTP, des structures
intermédiaires entre lhôpital et le travail protégé devraient avoir une vocation
daccueil et répondre à une prise en charge régulière de personnes chroniques
insuffisamment aidées par les services de suivi à domicile. Il est fait appel à la
créativité et au décloi-
sonnement des systèmes (santé/sociaux, État/Collectivités Territoriales). Des centres
de réadaptation intersectoriels existent dans dautres régions.
Des espaces spécifiques de rencontre ou daccueil de jour devront
proposer des prestations de soins et daccompagnement social, et permettre de
maintenir les liens sociaux de ceux qui sont retournés dans la cité.
Notons aussi que les structures sociales dinsertion sont peu préparées à la
réinsertion de personnes relevant de pathologies mentales et enfin la carence de places
en CAT spécialisé dans la prise en charge de malades mentaux.
Il est donc indispensable de revoir les cartes locales sanitaires et sociales avec une
approche spécifique aux malades mentaux.
Il serait en effet souhaitable de disposer localement de dispositifs variés, adaptés et
adaptables, qui répondent aux problématiques individuelles. Ces structures proposeraient
une palette dactions qui intègrent les deux cultures soignante et sociale.
Cette palette devrait être proposée par zone géographique plurisectorielle à définir,
sachant quun maillon manquant peut bloquer tout le système.
On peut schématiquement distinguer différentes étapes sans quelles soient figées
ni quelles soient obligatoires.
Les modèles de structure à développer sont connus des
acteurs locaux. Sachant que ce qui est efficace en zone urbaine nest pas
intégralement transposable aux zones rurales, il est préconisé un retour aux
préoccupations locales avec pour objectif une recherche autour de laménagement des
dispositifs dinsertion et de suivi social.
2) Développer les contractualisations entre les secteurs sanitaire,
médico-social et social
Une réflexion doit être organisée par groupement de
secteur rassemblant les différents partenaires que sont les Conseils Généraux, les
CCAS, les associations, les Centres Hospitaliers, lÉtat.
Les professionnels concernés par linsertion des malades mentaux reconnaissent
quil y a, entre le social et le sanitaire, un déficit de communication et de
collaboration.
De plus, la maladie mentale implique des parcours qui ne sont pas unidirectionnels. Il
faut toujours prévoir des possibles allers-retours entre les structures.
Les cloisonnements entre le social et le sanitaire pourraient être réduits par des
conventions locales de partenariat. Ces conventions pourraient servir de support au
développement dactions transversales daccompagnement des trajectoires de
réinsertion des personnes.
Conseils Généraux, CCAS, État et Centres Hospitaliers doivent travailler ensemble.
3) Développer la coordination entre réseaux sociaux et psychiatriques avec
deux objectifs :
Limportant est de favoriser la mise en uvre de
passerelles et de les formaliser : développer une instance départementale qui allie des
équipes sanitaires et sociales pour bâtir des trajectoires de santé (accès aux soins,
poursuite des soins, articulation entre les différentes urgences), et qui serait basée
au niveau local sur les CMP et circonscriptions daction sociale, en fonction des
particularités locales, au plus près des publics.
Latelier de proximité mis en place par le CCAS de Besançon peut aussi servir de
modèle pour dautres sites francs-comtois.
Il est également nécessaire de développer lécoute, de partager les tâches entre
les travailleurs sociaux des différentes institutions, assistants sociaux, infirmiers,
psychologues, de préciser les rôles de chacun, qui doivent souvrir à
lextérieur de linstitution dappartenance. Il sagit
dorganiser lintervention localement et de la rendre efficiente.
Une présence paramédicale dans ou à travers les structures sociales (favorisant la
coordination, la traduction, le lien avec le sanitaire) doit être recherchée.
4) Susciter, favoriser la créativité des acteurs pour lélaboration de
pratiques adaptées aux difficultés des personnes et à leurs lieux de vie.
5) Favoriser les démarches de formation des équipes quelles soient
sociales, médico-sociales ou sanitaires.
6) Organiser la participation de la psychiatrie dans les divers réseaux
existant
touchant au traitement des dépendances (alcool, toxicomanie...) ou à des groupes de
personnes tels que les personnes âgées (réseaux gérontologiques), les personnes
handicapées (plan autisme).
La santé mentale correspond à un champ beaucoup plus vaste que celui des pathologies
psychiatriques. Lhospitalisation nest quune réponse partielle aux
problèmes de santé mentale. Ainsi, la plupart du temps, les services de psychiatrie
doivent sinscrire dans des réseaux sociaux et de soins très divers.
Dans tous ces réseaux, les services de psychiatrie doivent définir et circonscrire leur rôle au même titre que la psychiatrie libérale. Ce travail pluri-professionnel et pluri-institutionnel est très demandeur de temps et doit être valorisé par un système dinformation approprié.
| IV - L'ORGANISATION TERRITORIALE |
Il est nécessaire de rappeler limportante pénurie des psychiatres en Franche-Comté, tant dans le secteur public que privé et principalement dans les zones de Montbéliard et Pontarlier.
1) Découpage des secteurs
Carte adultes :
Carte enfants :
2) Groupement de secteurs :
| Nord | [Haute-Saône (3)], |
| Nord-Est | [Héricourt (1), Montbéliard (2), Belfort (2)], |
| Centre | [Besançon (1), Novillars (3), Pontarlier (1)], |
| Sud | [Jura (4)]. |
1) Réduction de lhospitalisation complète dans le groupement Nord.
2) Création de structures dans les groupements de secteurs Nord-Est et Centre
3) Réorganisation des alternatives dans le groupement Sud.
4) Poursuite du travail de réflexion et de
planification en 1999 et par groupement de secteurs sur les articulations santé
mentale/médico-social et les besoins de structures en ce domaine.
C - RENFORCEMENT DE LA PSYCHIATRIE INFANTO-JUVÉNILE
NOTAMMENT ENVERS LES ADOLESCENTS
1) Mise à niveau minimum, en première priorité
2) Conventionnement entre le Centre Hospitalier Universitaire, Novillars et Pontarlier en vue de la création dun nouvel inter-secteur dans le groupement Centre
Cette création est prévue à cinq ans. Le Centre Spécialisé sera chargé de ce projet et dans lattente, la couverture des besoins de pédo-psychiatrie de lensemble de linter-secteur actuel (Novillars) sera assurée par conventionnement entre les établissements de Besançon, Novillars, Pontarlier.
3) Mise en uvre dune hospitalisation complète
4) Décentralisation de lhospitalisation de lenfant en Haute-Saône et individualisation des CMP pour enfants
Cette délocalisation saccompagnera dune
restructuration des modalités de prise en charge de lenfant et de ladolescent
avec unité de jour, unité dhospitalisation complète et consultations pour la
gestion des états de crise.
5) Renforcement des équipes de psychiatrie de liaison pour les services de
pédiatrie et maternité notamment sur :
6) Soutien à la création et à lanimation dun réseau régional daide et de suivi des adolescents (action du programme régional de santé sur les suicides)
7) Suivi de laction de coordination avec la justice : action expérimentale de victimologie
8) Création dune unité médico-psychologique pour le groupement centre (action du programme régional de santé sur les suicides)
| V - LES RECOMMANDATIONS DORGANISATION |
La Conférence Régionale de Santé de 1996 a placé le
problème du suicide en Franche-Comté en première priorité.
Un programme régional de santé a été élaboré, les actions devant se dérouler sur la
période 1998-2003. Ces actions sinscrivent totalement dans la réflexion menée
dans le cadre du Schéma Régional dOrganisation Sanitaire santé
mentale en vue de :
Il est recommandé que les suicidants accueillis dans les
services durgence ou dans des services de médecine soient dans tous les cas
examinés par un psychiatre et que leur suivi après la sortie soit organisé par des
relais extra-hospitaliers.
Des protocoles seront élaborés en commun entre psychiatres, somaticiens, urgentistes et
travailleurs sociaux pour laccueil des tentatives de suicide, en particulier dans
les services durgence et pour définir la suite de lhospitalisation.
B - QUALITÉ DES SOINS
Comme dans toute discipline médicale, la qualité des
soins en psychiatrie se rapporte au patient et à sa prise en charge, à la détection et
à la prévention des risques, au management des secteurs dactivité et à la
gestion des ressources humaines, de la logistique et du système dinformation ;
néanmoins elle comporte pour la psychiatrie des aspects particuliers en lien, notamment,
avec la spécificité de la maladie et de sa prise en charge.
1) Accueil et information du malade et de sa famille
Le Code de Déontologie Médicale (décret du 6 septembre
1995) dans le domaine de linformation et du consentement du malade ou de son
représentant légal doit être appliqué
malgré les difficultés que cela peut présenter en psychiatrie.
Dans chaque établissement, il est souhaitable que soit mis en place un référent
qualité
chargé de coordonner et de dynamiser la démarche qualité concernant notamment :
2) Éthique et psychiatrie
Il est indispensable que les acteurs disposent de références communes. À ce titre, les recommandations de la déclaration de Hawaii de 1977 forment des pistes de réflexion intéressantes pour les professionnels de psychiatrie, notamment sur la question essentielle du consentement du patient aux soins.
Le premier exemple dispose actuellement de recommandations
de lANAES quil appartient désormais aux professionnels de sapproprier.
Le deuxième exemple reste en question. Des propositions sont avancées mais sont celles
uniquement de leur auteur comme dans le travail de thèse de C.DIMITRU.
En tout état de cause, un protocole de contention écrit et formalisé doit être mis en
place par chaque équipe qui utilise cette méthode afin den limiter
larbitraire.
| VI - LE SYSTÈME D'INFORMATION |
Lors de létablissement du bilan de lexistant
il sest avéré indispensable de développer le système dinformation en
psychiatrie. Pour ce faire un groupe technique est créé dans lequel sont présents
lensemble des DIM intervenant en psychiatrie, des représentants de
ladministration hospitalière, de lARH, (médecins, statisticiens,
administratifs).
Son rôle était dans un premier temps dharmoniser le recueil des données de la
fiche patient utilisée dans tous les secteurs et de faire en sorte que les données
issues de ces fiches patients soient homogènes et valides. Les méthodes de saisies sont
donc étudiées et le guide de remplissage affiné.
Des formations seront organisées dans chaque établissement sous la responsabilité des
Directeurs, par les DIM.
Le groupe technique système dinformation doit :
| VII - LA COMMUNICATION |
Limage des structures conditionne laccès aux
soins et la dynamique de réseau.
Alors, si tout le monde saccorde pour convenir que la souffrance psychique est
une réelle préoccupation de Santé Publique il paraît nécessaire voire indispensable
daméliorer limage et la communication en psychiatrie afin dune part de
faciliter laccès aux soins et dautre part datténuer le plus possible
la perception négative de la discipline et de ses acteurs.
Le travail effectué par le groupe technique système dinformation va
notamment permettre de diffuser des informations adaptées au différents publics
concernés sur les données dactivité des secteurs issues des fiches patients.
| VIII - L'ÉVALUATION |
Lévaluation des activités doit être quantitative
et qualitative. Dans lattente des données plus médicalisées, lévaluation
sappuiera sur les rapports annuels de secteurs mieux renseignés et éventuellement
complétés par des enquêtes spécifiques. Un travail sur les indicateurs en santé
mentale a débuté lors du bilan de lexistant et sera poursuivi.
La mise au point de nouveaux outils dinformation et dévaluation sera
recherchée en
concertation entre les professionnels par une plus grande implication des Départements
dInformation Médicale dans le cadre du groupe technique système
dinformation dont sa composition pourrait être élargie aux universitaires et
chercheurs.
La formation, la recherche et lévaluation des pratiques reposent sur une
collaboration étroite entre les intervenants universitaires, publics, associatifs, et
libéraux. Au plan régional, en Franche-Comté, ces collaborations sont favorisées par
lexistence de réseaux relationnels, par limage de la psychiatrie au sein de
la Faculté de Médecine et de Pharmacie, par la prise en compte de la santé mentale lors
des Conférences Régionales de Santé, par les travaux de la Délégation Régionale à
la Recherche Clinique, et par le dynamisme de la Société de Psychiatrie et de
lAssociation Régionale de Formation Médicale Continue en Psychiatrie de
Franche-Comté.
Il apparaît nécessaire davoir une action volontariste en matière de
recherche épidémiologique, de recherche clinique, dans lappréciation du poids
respectif des multiples facteurs de risque, en matière de recherche thérapeutique et
dévaluation des pratiques.
Les universitaires en psychiatrie, mais aussi les chercheurs méthodologistes et les
médecins de santé publique peuvent ainsi avoir un rôle incitatif, afin délaborer
des protocoles de recherche en collaboration avec les médecins des secteurs publics,
libéraux et associatifs. Ceux-ci pourront être proposés dans le cadre du programme
hospitalier de recherche clinique, qui a notamment pour thème possible la santé mentale.
Développer la recherche et lévaluation des pratiques en santé mentale est un
véritable enjeu qui doit être relevé en Franche-Comté. Le Centre Hospitalier Régional
doit en être le pivot et lanimateur naturel.