| II - L'ORGANISATION DE L'ACCUEIL ET DU TRAITEMENT DES URGENCES |
A - CONSTAT
Lors de lenquête réalisée en décembre 1997 et janvier 1998 auprès des services accueillant des urgences, certaines difficultés ponctuelles ou liées au mode de fonctionnement des établissements ont été relevées :
Quant au personnel, il convient de constater le manque de
professionnels répondant aux critères définis par le code de la santé publique,
notamment médecins seniors, quel que soit le type de service (SAU, UPATOU,
SAMU et SMUR). En effet, le personnel médical, souvent en nombre insuffisant, est en plus
commun au service daccueil et de traitement des urgences, au SMUR et voire au SAMU.
En ce qui concerne les locaux, pour certains dentre eux, il a été constaté
notamment un manque de surface, une mauvaise organisation spatiale des services pouvant
générer des dysfonctionnements au niveau de laccueil des patients et de leur prise
en charge. Des difficultés peuvent également être liées à limplantation
géographique de ces services au sein de létablissement.
B - PROPOSITIONS DORGANISATION
1) DISPOSITIONS DORDRE GÉNÉRAL
Lintervention de chaque établissement sinscrira dans le cadre de procédures écrites destinées à la mise en place déléments dorganisation relatifs à :
2) LACCÈS AUX SOINS DES PERSONNES DÉMUNIES
La loi n° 98-657 du 29 juillet 1998 dorientation
relative à la lutte contre lexclusion a modifié le code de la santé publique,
notamment ses articles L. 711-3, L. 711-4 et L. 711-7, en précisant les conditions dans
lesquelles les établissements de santé participant au service public hospitalier
concourent à la lutte contre lexclusion.
Larticle L. 711-3-7 du code de la santé publique stipule que le service public
hospitalier concourt à la lutte contre lexclusion sociale, en
relation avec les autres professionnels et institutions compétentes en ce domaine, ainsi
que les associations qui uvrent dans le domaine de linsertion et de la lutte
contre lexclusion, dans une dynamique de réseaux.
Larticle L 711-4 précise que les établissements doivent sassurer quà
lissue de leur admission ou de leur hébergement, tous les patients disposent des
conditions dexistence nécessaires à la poursuite de leur traitement. À cette fin,
ils orientent les patients sortants, ne disposant pas de telles conditions
dexistence, vers des structures prenant en compte la précarité de leur situation.
Les établissements du service public hospitalier contribueront à lobjectif global
de prévention, de lutte contre lexclusion et de réinsertion des patients dans le
circuit daccès aux soins dès leur accueil dans les services de soins, les
services, unités ou pôles spécialisés daccueil et de traitement des urgences en
collaboration avec lensemble des acteurs de ce domaine : associations, médecins
libéraux, professions paramédicales, DDASS, conseils généraux, CCAS, caisses
dassurance maladie, ...
Le personnel, en particulier dans les structures durgences, établira un lien entre
la personne en situation de précarité et les services sociaux. Si son état ne justifie
pas une hospitalisation, une information lui sera fournie sur ses droits sociaux, les
structures daccueil et daccompagnement pouvant la prendre en charge et ses
démarches seront facilitées en ce sens. Elle pourra également être orientée vers un
interlocuteur participant au service de veille sociale qui sera mis en place en
application de larticle 157 de la loi du 29 juillet 1998 précitée.
Une formation adaptée à cette prise en charge sera dispensée de façon prioritaire aux
personnels des urgences de façon à garantir ce dispositif.
En outre, des permanences daccès aux soins de santé seront mises en place dans
chacun ou à proximité de chacun des services daccueil et de traitement des
urgences (SAU) avant le 31 décembre 2000. Ces permanences pourront être étendues en
tant que de besoin, selon les situations locales, auprès des unités de proximité
daccueil, de traitement et dorientation des urgences.
Chaque établissement décrira lensemble du dispositif qui sera instauré pour
faciliter laccès aux soins des personnes en situation de précarité lors du
dépôt de la demande dautorisation à pratiquer lactivité daccueil et
de traitement des urgences. Les conventions, prévues à larticle L. 711-7-1 du code
de la santé publique, seront conclues avec lÉtat. Elles prévoiront la
prise en charge des consultations externes, des actes diagnostiques et thérapeutiques
ainsi que des traitements qui seront délivrés gratuitement aux personnes en situation de
précarité.
3) LE FONCTIONNEMENT EN RÉSEAU ET LES MODALITÉS DE COOPÉRATION
a) En intra et en inter-hospitalier
En interne, les établissements développeront des
protocoles inter-services permettant un transfert rapide des patients au sein de
lunité dhospitalisation adaptée à sa prise en charge. Dautre part,
dans lattente de la mise en place dun système régional dinformation en
temps réel des places disponibles dans les différents établissements de santé, il sera
recherché au sein de chacun des établissements accueillant des urgences un dispositif
dinformation relatif aux possibilités dhospitalisation de chaque service
accessible par lensemble des acteurs de létablissement.
Les modalités de recours aux médecins de spécialité à titre de consultant par les
services, pôles ou unités daccueil des urgences seront également lobjet de
protocole déterminant en particulier les modalités de recours, de garde ou
dastreinte, la qualification des praticiens et les délais dintervention.
Des conventions conclues entre chacun des SAU, pôles spécialisés et UPATOU et le Centre
Hospitalier Universitaire préciseront les modalités de transfert et de prise en charge
des patients dont létat de santé nécessitera un transfert au Centre Hospitalier
Universitaire et dinformation du SAMU - Centre 15. Il en sera de même entre les
UPATOU et leur SAU de rattachement ; ces conventions pourront avoir la forme de contrat
relais.
Un contrat dit relais peut être conclu entre létablissement siège dune
unité de proximité daccueil et de traitement des urgences et tout autre
établissement de santé qui dispose des compétences médicales, des moyens humains et
technologiques nécessaires à la prise en charge et au traitement sans délai des
patients orientés vers lui. Le contrat précise les disciplines et les activités de
soins ou les états pathologiques pour lesquels ce dernier établissement sengage à
remplir cette mission, ainsi que les moyens qui y sont affectés, notamment les gardes. Il
fixe le calendrier et les horaires daccueil des patients. Le contrat prévoit
également lévaluation périodique des conditions de réalisation des engagements
souscrits. Il comporte obligatoirement des mentions prévoyant quil est suspendu ou
dénoncé en cas de mauvaise exécution ou de non exécution du contrat.
Le projet de contrat est, préalablement à sa signature, soumis à lapprobation de
la commission exécutive de lAgence Régionale de lHospitalisation.
b) La participation de la médecine libérale
La participation de la médecine libérale à la prise en
charge des urgences sera recherchée en liaison avec lUnion Régionale des Médecins
Libéraux de Franche-Comté. Les médecins libéraux pourraient notamment intervenir dans
le cadre de la prise en charge des patients faisant appel aux services durgences à
des fins de consultation et de laccès aux soins des personnes en situation de
précarité.